AS'PYR

Camp de base de l'Everest

 
Neufs aspirateurs et trices pour aller prendre l'air et de la hauteur, en ce mois d'octobre, direction le Népal : Marie-Anne , Dzeraldine, Maylis (la plus grande des deux) Maylis (la moins grande des deux, dite Ti’Maylis), Vanessa, Alain, André, Ti’ Fred et moi.
Tout ce petit monde se retrouve à l'aéroport Charles De Gaulle ce samedi 27 /09/2013, fin prêt, sacs enfin bouclés à la tare voulue... de 20 kgs.
Au bout de quelques heures, nous arrivons... directement au parc national de... Dysneyland Paris, à 3 heures du matin, la faute à un réacteur récalcitrant de notre Boeing 737.
Bon, ben, contre mauvaise fortune, bon coeur, on visite donc le parc de Mickey le lendemain avant d'être réacheminé à l'aéroport où l'on sent qu'il règne une légère confusion autour de notre vol...

Pas grave, on est en vacance, en France, dans un aéroport moderne, avec une compagnie sûre, tout baigne... ou presque... jusqu'au moment où on voit les techniciens s'affairer autour de NOTRE avion, les tripes à l'air, pardon, le réacteur ouvert devant nos yeux "zinquiets", on apprend que malgré la pièce arrivée directement de New-Delhi , "y'a ENCORE un problème"... han, han, ça ne sent pas bon, mais pas bon du tout cette affaire...
Pour s'occuper, on se lance dans une partie de tarot acharnée pendant qu'autour de nous c'est l'effervescence parmi les autres voyageurs. L'hystérie confine à la quasi émeute (je n'exagère pas) quand certains de nos coreligionnaires décident de faire un sit-in pour s'opposer à l'embarquement du vol normal pour Kathmandou, intervention de la police de l'aéroport et tout et tout...
BREF, on finit par embarquer vers 1 heure du matin, pas complètement tranquille, (on aurait bien envoyé André vérifier le remontage du réacteur mais il ne parle pas  l'hindi). Le reste du vol est sans encombre et nous arrivons enfin à Kathmandou, avec seulement 26 h de retard.
Accueil à la népalaise par Radj, notre guide, avec  colliers de fleurs et  premiers "namaste", où l'on apprend qu'il n'y pas de vol vers Lukla depuis 24 h, pour cause de mauvais temps... argl, argl. Contre mauvaise fortune, bon coeur (bis), on décide d'aller visiter Kathmandou.
Rendez-vous 2 jours plus tard à l'aéroport pour prendre un hypothétique vol pour Lukla, et on apprend que la tare de 15 kilos par bagage est passée à 10, (choix drastique dans les sous vêtements...), on nous explique qu'il s'agit d'une contrainte liée à l'avion pour passer le col. Cette contrainte technique est finalement réglée par quelques poignées de roupies népalaises qui miraculeusement améliorent l'aérologie de notre coucou à hélice.
Y'a un autre souci, l'avion compte neufs places, et on est 10 avec le guide ; eh oui, sinon ça n'aurait pas été si drôle. On décide à l'unanimité de laisser le plus expérimenté de notre groupe (Alain), prendre l'avion juste 10 minutes après nous... il arrivera deux jours après en hélicoptère après avoir visiter de fond en comble l'aéroport de Kathmandou (qui est tout petit ). Y’a des trucs qu'on ne maitrise pas au népal, sûrement l'influence des dieux dont on est plus près du fait de l'altitude..
On arrive à Lukla au terme d'un vol à vue entre les nuages et après un atterrissage mythique sur sa piste en pente, trop courte; l'aventure peut enfin commencer !
Namche Bazar  constitue notre étape acclimatation à J3, ça tombe bien car on espère y récupérer Alain, qui lui, n'a pas besoin de s'acclimater ; il est trop fort notre Alain qui doublera les étapes pour parvenir à nous rejoindre (on est soulagé car c'est lui qui avait les cartes et le jeu de dés).
La montée jusqu'à Macherma ne nous laisse pas un grand souvenir, et pour cause, il fait un temps de chiotte et c'est complètement bâché. Y'aurait pas un chat noir dans le groupe? "Au fait, la dernière fois que tu es venu André , c'est pas toi qui a eu 6 semaines de pluie ?"
Et puis c’est LE MIRACLE, il fait beau, et c'est magique Ama Dablam, Cholatse : c'est beau mais c'est beau, tellement que ça coupe le souffle à Dzeraldine et ça colle une de ces migraines à Ti’Fred ,qui les oblige à rester une journée sur place pendant que les vieux qui avaient bien pris leurs pilules pour l'altitude partent avec les survivants vers Gokyo.
Objectif : ascension du Gokyo Ri (5360 m). Gokyo rit mais pas Maylis (la grande), pour qui le départ matutinal, à jeun ,fût à l'origine d'une "panne de kerozène" qui faillit lui être fatale. Au mental , elle arrive en haut : record d'altitude pour la plupart d'entre nous, dire que le Mont-Blanc c'est en bas, ouaf, ouaf, ridicule, la bouse blanche...
Bon, nous aussi, on sent bien que notre "performance" est un peu ridicule au milieu de ces géants, tel le Cho Oyu, qui nous dominent de presque 3000 m.
Descente jusqu'à Dragnag où l'on retrouve, ressuscités nos deux tourtereaux qu'on soupçonne d'avoir simulé un mal aigu des montagnes pour être un peu seuls.
Le lendemain, un gros morceau : le col de Chola Pass (5330 m). IL FAUT ABSOLUMENT PASSER POUR LA SUITE DE NOTRE PERIPLE !!! nous, et surtout les porteurs, mais pas de problème pour eux, ils sont équipés de supers tongues waterproofs et hyperadhérentes sur la neige (on n'en trouve pas des "comme ça " au Vieux Campeur..)...une leçon d'efficacité et de dépouillement...
De Dzonghla via Lobuche, on se dirige vers Gorakshep. Les choses sérieuses commencent. Y'a que du lourd autour de nous où que se pose le regard : Cholatse, Nuptse, Pumori, Ama Dablam... Bon, ben ça y est ,là,  on y est ,et comme c'est un peu pour ça qu'on est venu, on ne boude pas notre plaisir.
Demain, on a rendez-vous au sommet du Kalapathar (5530 m), avant le lever du soleil pour fêter notre copain Sagarmatha (Everest pour les occidentaux colonialistes).
Afin d'être sûr que tout le monde sera prêt en même temps, on opte pour une courte nuit de promiscuité à 9, dans une cahute dont l'isolation ne correspond pas tout à fait à la norme (SIA 380/1 pour les spécialistes que ça intéresse) : on est à plus de 5000 m et on se pèle...
Donc , après cette courte nuit réfrigé-régénérante, on se lance vers le sommet du Kalapathar que toute la troupe atteint comme qui rigole : on n'est pas les seuls mais la vue reste inoubliable sur ce graal des alpinistes que les premiers rayons du soleil caressent à notre arrivée (super bien organisée cette montée quand même...).
Comme on en a déjà marre de la compagnie des trekkers arrivant directement de la vallée du Khumbu, on trace vers le col de Kongmala, 5530 m quand même !
Ca tape bien dans la montée, mais l'arrivée au col est somptueuse : Nuptse, Lothse à gauche , Makalu droit devant, Ama Dablam à droite. Un grand moment dont on profite pleinement avant de redescendre vers Chukung, non sans avoir fait découvrir un nouveau cheminement à nos guides népalais qui ne lisent pas trop les cartes, et qui ne rechignent pas, contrairement à nous, à se retaper 200 m de dénivelée alors qu'il y a moyen de faire autrement : oui, nous sommes de grosses feignasses !!!
Pour se finir en beauté, on décide d'aller faire le Chukung-Ri (5535 m). On est tout seul au sommet, et c'est bien sympa aussi.
- Tiens , il tombe un flocon de neige !
- Ah non, mais en fait, ça tombe bien !
- Euh, même que ça tombe plutôt très dru ...
En cas, on descend au max qu'on peut dans la journée parce que parait que c'est pas normal tout ça. On croise bien un polonais qui nous parle de typhon sur l'Inde et d'1,5 mètre de neige d'où on vient, mais on se dit qu'il doit être saoul... comme un polonais.
C'est en entendant tourner la noria d'hélicoptères qui évacue les expés bloquées en haute altitude qu'on finit par se dire qu'un polonais à jeun, c'est possible... au NEPAL.
Retour à Lukla sous la pluie "non stop", avec le sentiment d'avoir échappé à une souricière, reste à savoir si les avions décolleront demain... et ça, c'est pas gagné...
On arrive donc à 6h30 du matin à l'aéroport de Lukla pour prendre le premier avion... de la compagnie Makalu Air, qui ne décollera qu'à 15 h après avoir entretenu un suspense digne des plus grands thrillers hollywoodiens, je vous passe l'épisode du poids des bagages revu à 5 kgs par personne : une bonne poignée de roupies et hop ça décolle enfin...
On est de retour à Kathmandou pour une dernière journée de visite, quelques emplettes "souvenir", une dernière soirée très conviviale chez notre guide et retour en France avec un sentiment de plénitude. On en a bien profité et si on peut vous donner un conseil : Allez-y, c’est super, et vous ne serez pas déçus, ni par le pays, ni par ses habitants.
 
Un grand merci à Radj pour avoir rendu tout ca possible, à Dédé pour avoir été à l’origine du projet et à toute l’équipe pour sa bonne humeur.
C’est où et quand le prochain voyage ???
 
Jean
 
PS: au fait Dzeraldine, c'est Géraldine avec le petit cheveu sur la langue de Radj...