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Canyon Baléares


Participants : Alain, Christophe, Eric, Franck, Patrick, Thomas et Valérie.

 « Aux Baléares, faire du canyon avec 6 garçons que tu ne connais pas ? ? ? mais ça va pas ma fille ! ! !
-      Mais ne t’inquiète pas, ce sont des montagnards, ils sont sérieux… ! »
 
Donc, premier rendez-vous pour rejoindre les deux premiers : 30 minutes de retard : « Buru, tu sais, il met toujours du temps à se peaufiner…. » Ouf, je suis passée du rythme tenu en alpi à celui canyon, plus modeste...



Puis deuxième rancard pour faire connaissance avec le reste de la troupe : re-belote la demi heure basco-béarnaise ( comme il y en a une de part et d’autre par tradition, on additionne) pour aller prendre une mousse en nous attendant…..yes, on est bien dans le rythme canyon !
Cinq heures plus tard, Barcelone, tiap de poisson et autre rosado au port, puis bateau toute la nuit.
Nous arrivons à Palma au lever du soleil, magnifique rougeoyant, et premier contact avec le réveil tonitruant de Christophe et sa super toux qui ponctue de son chant mélodieux les matinées. Thomas avait réservé une splendide maison de 1860, à Sollers, nord de l’île de Mayorque, avec un jardin d’orangers, citronniers et autres mandariniers couverts de fruits et senteurs.
Nous prenons rapidement lieu et place, reçus par la charmante propriétaire à la démarche étonnante, et nous partons pour le premier canyon : BINIARAIX. N’ayant choisi que des canyons 4 étoiles, je suis tout de suite bluffée. La marche d’approche remonte par un chemin en escalier le long de terrasses cultivées, environnement montagnard et vue sur la mer ! Plein les mirettes d’emblée. Eric souligne que ça lui rappelle le Matchu Picchu au Pérou. Christophe pendant ce temps là, s’arrache les poumons sur l’heure de montée. La descente est à la hauteur du spectacle d’approche, 2h30 avec de l’eau. C’est la bonne saison, plus tard, il aurait manqué d’eau. Retour à Sollers, apéro et restau pour les garçons, rideau pour moi ( ah, là, y’a matière, va falloir que je m’accroche…).
Le lendemain, du grand, du très beau : Gorg Blau i Sa Fosca suivit de Pareis : 11 heures en tout d’un spectacle hallucinant ! 1 H 30 dans le noir complet, les couleurs d’eau, petit siphon, odeur particulière, bruit, sensation spéléo retrouvée. A la fin se Sa Fosca, les autres équipes remontent sur la droite, mais nous continuons à descendre sur Pareis, pensant que le retour serait aussi de 1H30. Mais en fait, il est de près de 3 H dans un cahot très pénible, avec utilisation de brins quelques fois. Ce retour était fatiguant mais quel spectacle à l’arrivée : soleil couchant sur la mer, face à nous dans le creux de cette vallée encaissée où la mer pousse ses eaux parfois. Je prends un peu de distance pour recevoir pleinement ce cadeau, la vrai récompense de cette longue journée. Lumière irisée, léger souffle du vent chaud, bruits apaisés, montagne et mer ralliées. Retour voiture 22 h, par le passage à pied d’un tunnel légèrement éclairé de spots bleus et verts, débouchant sur la baie de Sa Calobra, déserte de touriste, soleil couchant : magique !
Et ne vous imaginez pas que ces gaillards vont s’arrêter là, non ! Hop, un petit restau bien sympathique, et hop là, paëlla, bière, rosé et le fameux carejio d’Eric, café avec brandy. Alors là, la fille, creuvée, dodo dans la voiture….bon, d’accord, ils vous diront que je m’endors partout surtout dès que ça roule…
 
Le lendemain, VALLDEMOSSA : départ dans une propriété privée, dont le proprio à mon avis s’agacera vite du passage des canyonneurs…éviter au départ, de jouer les sangliers-Alain dans le cours d’eau en passant au dessus rive gauche, sur au moins 100 m. Ce serait plus jolie encore avec un peu plus d’eau , mais la cascade de 54 m apporte une étoile à elle seule. Et toujours la vue de la mer en perspective est toujours étonnante.
Le soir, nous allons au restau à Sollers où épaules d’agneau et autre côtes de bœuf sont appréciées. Mais rien n’égale la « mousse de lemon au citron » de Francki !
 
Puis c’est le jour du grand MORTIX ! Alors là, du grand, du beau, du long, du varié, bref du génial ! 1H015 d’approche avec au passage un olivier fantasmagorique, de la descente dans des herbes hautes ( très ) coupantes, éviter les petits shorty, sexy mais inadaptés, penser aussi à lever le nez pour trouver les cairns. Puis descente et arrivée au départ, et instantanément dans le vif du sujet avec un saut dans une eau vivifiante ! Des locaux démarrent le parcours avec nous, juste avec le haut de la combi, sans lycra, sans casque ni baudrier, mais ils sortent rapidement par un échappatoire…..bluffés les bascaux-béarnais, mais pas trop ! Nous poursuivons une succession de petits sauts avec en tête la question fondamentale : laissons-nous des cordes pour la remontée, ou parions-nous sur la via ferata en sortie ? Finalement, le Grand Manitou ( allias Thomas ) décide banco pour la via. Les enchainements se finissent par le dernier saut dans la Grande Bleue : et là, là, la grande sensation. J’avais pensé au mouvement de l’eau, à la profondeur, mais pas à ces  sensations étonnantes du sel dans la combi, sur le visage, la chaleur de l’eau, sa densité si différente de l’eau douce. Un truc magique quoi, dans une eau limpide turquoise où les parois plongent dans le ressac, le soleil chauffe et les petites anémones rouge vif cachées dans la roche….Un petit coup de poignée pour remonter manger à l’étage sec, se débarrasser des combi et hop ! départ pour la via ferata. Elle est bien équipée et assez vertigineuse au dessus de l’eau. Et là, nous avons eu un Grand Eric, prendre sur lui, se concentrer et surtout ne pas lâcher le morceau, un vaillant quoi ! Bon, je vous passe les expressions fleuries….par contre, je ne résiste pas à celle de Francki rencontrant des espagnols égarés sur le retour : « no pablo español du tout ».Je n’oublierai pas non plus Buru avec une seule lentille à qui nous racontions le saut des dauphins au loin…
Le soir autour d’une table en bord de mer, des bonnes bières méritées, nous nous sommes refait cette journée fabuleuse….tu crois qu’elle a mis du sucre pour faire tenir son château ?
 
Le lendemain était une journée « repos » avec le DINERS : 45mn d’approche, 5 h de descente et 30 mn de retour. Ce canyon sans eau est effectivement moins spectaculaire mais la vue d’une petite plage avec un pin parasol tout seul au milieu vaut le détour, ainsi que la marche d’approche avec ses tours aux sommets, les criques….et surtout, nous avons rencontré l’auteur du topo au départ….modeste ( ? ), mais jamais rattrapé car j’ai glissé sur une petite pente terreuse, fracture du bras gauche. Les garçons, super, se sont très bien occupés de moi, premiers secours jusqu’à la voiture, puis Hôpital Universitaire de Palma, ouvert en décembre dernier. L’équipe médicale sur place m’a réduit la fracture du radius et plâtré tout le bras. De retour à Pau, avec le bateau chopé au vol, j’ai subi une opération avec 4 broches et 6 semaines de plâtre.
 
Récit de Patrick : Dernière journée pour profiter pleinement de nos vacances. Cruel dilemme : balade en tramway et farniente au bord de la plage, ou canyon de NAMORA? Certaines n’ayant malheureusement même pas le choix. Après lecture du descriptif, et malgré la fatigue, le choix est fait : ce sera canyon pour moi. El bombero et notre expert en langue espagnole choisiront le farniente. Quant à notre comparse, son piolet main gauche n’étant pas encore greffé, elle sera contrainte de renoncer à notre escapade du jour.
Nous voilà donc partis (le maddof agricole, le bouygues de la maintenance, le Michel Ange de la gravure, et le Libanais) pour une approche annoncée en ¾ heure, comptons 1h00. D’entrée nous nous faisons doubler par une voiture d’Italiens qui se gareront juste au départ du canyon… A savoir pour la prochaine fois.
Nous partons en même temps que nos Italiens avec qui nous nous mettons d’accord pour l’équipement du canyon puisque le retour se fait par le même itinéraire. La première vasque est remplie d’eau pas tout à fait croupie mais pas fort engageante non plus. Yalla c’est parti ! ensuite que du bonheur ! Successions de petits rappels équipés de cordes plus ou moins en bon état, notre futur double papa remplacera les cordes laissées par du matos en meilleur état. Et des biefs comme on en rêve : eau claire, froide, et reliefs magnifiques. Des sauts ? oui aussi … bref du canyon 3 étoiles ? non 4 étoiles ! en effet l’arrivée est tout simplement wonderfullissime !
D’abord petit saut (tout petit) dans une vasque aux parois étroites. Tiens l’eau est salée … puis passage d’un étroiture dans un virage qui débouche sur un bras de mer : RO-YAL ! Après une « nageouillette » de 50 mètres au milieu de parois vertigineuses, nous voilà face à la mer : personnellement j’ajouterai la 5 ème étoile.
Après quelques sauts artistiques et graciles de notre microbe ambulant suivis d’ un casse croûte sur une niche au dessus de la mer, retour par le même itinéraire….Pour la technique de remontée sur corde, force est de constater que l’Italien est plus efficace que le français. Certains s’obstinant à penser que la force légendaire dont les a largement doté la nature, suffira à remonter la quinzaine ou plus de cordes présentes…. Après 4 ou 5 remontées, la finesse Libanaise prendra le pas sur la technique euskualdunesque et tout le monde affinera ses remontées grâce à la bonne vieille pédale. Malgré cet effort pas négligeable, ce canyon reste magnifique.
Le retour à pied sera l’occasion pour « air fly graveur » de montrer ses talents de grimpeur et d’enrhumer tout le monde jusqu’au col … comme quoi un gros rhume soigné avec le bon produit peut donner des ailes
 
Merci infiniment aux garçons, Thomas en grand chef calme des secours et organisateur top, Eric en parfait shampooineur et toubib, Alain en grand intellectuel et technique ( « Valérie, crois pas tout ce qu’il dit ! » ), Buru l’attentionné et toujours nickel, Christophe le calme et la force tranquille et enfin le Grand Francki courageux et clown à la fois.
 
A quand le prochain départ ?
 
Valérie et Patrick