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Canyon Corse

 
Samedi 5 juin.
Départ de Pau le samedi matin pour les 7 affreux que sont Thomas, Alex, Geoffroy, Alain, Eric, Christophe et Fred. Rien à signaler lors du voyage en bateau : du saucisson, des chips, un certain nombre de tournées de Serena (pour s’habituer à la bière corse), des voyages sur le pont pour profiter du bon air de la nuit et un couchage à l’arrache dans le bar du ferry après que le service ait fermé. Non vraiment, rien à signaler de particulier.
 
Dimanche 6 juin
Et c’est avec une légère barre sur le front que nos 7 « cendrillon » sont arrivées en terre corse. Fatigués mais motivés quand même d’autant qu’il faisait grand beau !
Du coup, un peu de route (1h30) jusqu’à Soccia. Durant cet intermède routier, on a vite compris qu’il nous fallait privilégier les routes principales, plutôt que les petites routes bucoliques, sous peine de ne jamais arrivé à bon port. Le canyon du jour était celui de Ziocu. Première préparation des sacs sur le parking du haut avec enfournage dans ces derniers de combis sèches (cela sera la seule fois du séjour). Rétrospectivement, quel bonheur de chausser des chaussures sèches et un lycra sentant … rien du tout !! Ziocu, nous voila !
La marche d’approche fut parfaite : 10’ sur une piste forestière plate. Parfaite fut également la pause pour déjeuner avant de commencer le canyon : saucisson, fromage (cela sera assez redondant durant la semaine). Moins parfait fut le premier enfilage de combis mais cela sera vite compensé par une mise à l’eau agréable. Ca y est, c’était parti. Une descente bien sympathique s’ensuivit : des rappels arrosés, un peu de désescalade, rien de bien méchant mais parfait pour se mettre en jambe. Pour finir, une courte remontée rive gauche pour rejoindre le village : jusqu’ici, on avait frisé la perfection, jusqu’ici … Lors de la navette de voiture du retour, il y eu une rencontre fracassante entre Alain qui remontait et un corse. Paraitrait que ça croisait partout sur cette route … ben, pas ici ! Bilan : deux portières enfoncées. Finalement, le constat s’est nettement mieux passé dès que le local a essayé d’épeler, sans succès, l’adresse d’Alain ! Suite à cet intermède, encore un peu de la route, direction la région de Piana et nous nous sommes écroulés à Ota !


 
Lundi 7 juin
Le lendemain, un peu remis du voyage, le Dardo était au programme avec son arrivée à la mer et la fameuse heure de palmage tant redoutée (par Alain et moi). Une belle journée de nouveau. Après une nouvelle navette de voitures (et un aller retour au gite pour Alain et Thomas pour cause d’oubli d’appareil photo), on s’équipe sur la route (c’est bien ces canyons sans approche) et on part sous les hourras des touristes en goguette. De belles verticales (d’une trentaine de mètres, parait-il), un superbe rocher et au final, un ruisseau que l’on pourra suivre jusqu’à la mer ! Magnifique. Arrivé là, un ballisto, 3 rasades d’eau et on sort les palmes. La séance de natation sera plus ou moins facile suivant les participants. Les styles seront divers et variés : sur le dos, sur le ventre, sacs tirés, sacs poussés, avec tubas, sans lunettes, bref, toutes les positions seront expérimentées. Et finalement, la plage sera en vue, toute proche, en 3/4h. L’arrivée assez anachronique au milieu des maillots de bains de 7 « plongeurs de combat » tels que nous fut remarqué (enfin pas par tout le monde mais par la plupart quand même). La journée a été bonne, il n’est pas trop tard, on a bien mérité la myrthe !!
 
Mardi 8 juin
Lever quasi aux aurores (7h) et départ 8h de  Ota  en direction de Corte, par le Col de Verghio (route magnifique). L’objectif du jour : le canyon de  Valduniellu dans la Vallée de la Restonica, au niveau des bergeries de Grotelle.
Quelque peu échaudé par mes exploits de l’avant-veille, je laisse le volant à El Presidente (ce que je regrette presque aussitôt). On arrive cependant sans encombres au point de départ où l’on se rend vite compte que la neige encore présente sur les cimes fait grossir les torrents, rendant peu raisonnable la pratique du canyon (surtout à 7).
Il nous faut donc changer de programme. Nous décidons donc de nous rapprocher du gîte où nous sommes attendus pour la nuit, à San-Gavinu di Fium’Orbu (environ 25 km à l’ouest de Ghisonaccia). Vue l’heure avancée quand nous arrivons, une pause casse-croûte s’impose avant d’attaquer.
C’est donc vers 14h que nous partons faire le canyon de  Bura  et sa cascade mythique de 80m de haut (une des plus hautes de la région). La progression se fait plutôt bien jusqu’au pied de la cascade, puis là, changement de programme complet. Il n’y a plus l’ombre d’une sente. Dans ces cas là, on envoie Geoffroy en éclaireur. On le retrouve quelques minutes plus tard en haut de ladite cascade. « Ca passe ! » Reste à savoir où ?
Nous nous transformons donc en une joyeuse bandes de cochons (corses bien sûr) et parvenons, non sans mal au torrent. Alex arrive même à fendre en deux un bloc de granite gros comme une valise qui lui tombe malencontreusement sur la cuisse (quelle force de la nature cet Alex !)
Le brouillard qui nous a accompagné toute la montée ne se déchire pas et nous attaquons la descente à la hussarde : pas un seul point en vue. Deux rappels sur arbre plus tard, nous rejoignons le premier relais qui donne presqu’aussitôt accès à la grande cascade que nous fractionnons en 2 jolis rappels… et c’est déjà fini !!! Beaucoup d’efforts dans le maquis pour une maigre récompense !
Il ne nous reste plus qu’à pousser jusqu’au gîte de Madame PAOLI où nous sommes attendus pour le second service.
 
Mercredi 09 juin  
Lever tranquillou après une soirée agréable en compagnie de Madame PAOLI (une maitresse-femme) qui nous reçoit fort bien après avoir expédié un groupe de belges, dans son ancienne centrale EDF reconvertie en gîte (original !!!)
Pas de manip de voiture, l’accès au canyon de Macci démarre à 300 m du gîte. On a le temps de monter tranquillement sous le soleil revenu qui donne un tout autre aspect au secteur.
Jolie descente dans un canyon granitique à l’eau bien claire, avec quelques beaux rappels et retour au gîte vers 14h pour un bon déjeuner suivi d’une petite sieste pour les uns, tandis que les autres descendent en ville faire quelques provisions (en bière notamment…).
La fin de l’après-midi se passe en divers ateliers de manips et autre remontée sur corde en tout genre (y’a encore du boulot… mais petit à petit…), sauf pour Geoffroy qui s’en va courrir 3 petites heures dans la montagne afin de se préparer pour une course prochaine (c’est beau la jeunesse !!!).
Dîner à 19h30, au lieu des 20h prévus la veille (ça rigole pas avec Madame PAOLI), seuls dans le gîte, ce qui nous permet de faire plus ample connaissance avec notre hôte… une sacrée personnalité !
Question : Pourquoi les panneaux indicateurs sont intacts dans la vallée (alors qu’ailleurs ils sont criblés d’impact de balles de kalachnikov et autre projectiles) ?
Réponse de Madame PAOLI : Parce que tous les jeunes branleurs à tendance indépendantiste, je les ai eu au catéchisme !!!
 
Jeudi 10 juin.
Après ces deux jours chez Madame Paoli, nous voilà de nouveau sur la route, en direction de Bavella, site renommé pour l’escalade. Mais nous ne verrons finalement aucune voie du séjour, n’est-ce pas Fred ?
Le premier canyon de cette région est LE canyon mythique de Corse : Purcaraccia.
L’approche est un peu plus longue : 1h30 , mais surtout, il faut bien lire les conseils du forum Canyon : Surtout ne pas descendre trop raide mais longer la rivière. N’est-ce pas Thomas ? Ce canyon est parcouru par des « hordes » de touristes et canyonistes, mais il est facile de se perdre lors de l’approche ! Cela m’aura au moins permis de souffler un peu avant la montée vers le départ de ce canyon. Tout le long de cette montée , nous longeons le canyon et la vue sur les cascades, les vasques et toboggans nous fait oublier la raideur du chemin.
Enfin, nous sommes au départ, on s’équipe rapidement, d’autant plus vite qu’un groupe (une horde) de canyonistes arrive .Et alors là c’est AQUALAND ! ! ! ! Des vasques pleines d’une eau limpide, des toboggans qui GLISSENT, des rappels nous offrant des vues inoubliables (40 et 45m tout de même). Chacun peut mettre les cordes et s’essayer au 8 coiffé, au nœud à l’italienne…et même , c’est nouveau : lancer de corde à l’italienne de Geoffroy. Ce qui m’obligera à aller défaire le nœud de spaghetti au milieu de la C40.toujours sous l’œil attentif du chef. Au bout de 2 heures de plaisir, La C45 est arrosé à souhait et les marcheurs qui remontent le chemin s’arrêtent pour nous photographier ! c’est la gloire ! !
Nous voici de nouveau sur le chemin de retour. Celui-ci sera vite avalé, puisque vu l’heure, il nous est possible d’enchaîner avec un autre canyon.
Après un petit en cas, nous voici parti pour un canyon dont le topo dit : canyon d’initiation pour la famille, d’accès facile, croisant régulièrement le cours d’eau. On ne l’a pas vu le cours d’eau en montant ! Et on est monté bien raide. Ni Thomas , ni moi n’amènerions « la famille » pour une initiation sur ces pentes raides. Même notre sherpa Alain, qui gentiment s’est proposé à prendre mon sac qui contenait une corde (donc assez lourd) regrette son geste. Mais nous arrivons tout de même proche du départ du canyon de Polichellu. Les quelques derniers mètres à escalader ne nous enthousiasment pas et nous décidons de nous équiper et de commencer la descente.
Ce canyon est donné pour le petit frère du précédent. Bien qu’il y ait également des vasques et toboggans, l’ambiance n’est pas du tout la même. Le canyon est plus encaissé, et nous n’avons pas la vue et le soleil du matin. Mais il est vrai qu’il est aussi très ludique,
Il ne nous restait plus qu’un petit toboggan. Rejoignant une Horde de canyoniste en amont de cet obstacle, nous sommes intrigués par la position que le moniteur fait prendre à 2 de ses clients. Ils sont couchés en travers du ruisseau, créant un barrage. L’eau monte dans la vasque, et ne coule presque plus sur le toboggan. A son signal, les 2 compères se lèvent , lachant l’eau qui dévale avec force sur cette glissière. Et alors là nous regardons médusé la façon dont le moniteur fait prendre ce toboggan : coucher sur le dos, la tête en avant ! Les inconscients sont alors propulsés par la masse d’eau et décollent à la cassure de la cascade. Trop bon pour ne pas essayer à notre tour. Le barrage créé par notre groupe amène une masse d’eau proportionnelle au volume des protagonistes ! Et nous glissons , tête en bas pour décoller tels des missiles pour s’écraser quelques mètres plus bas dans l’eau d’une vasque bien profonde. Inoubliable.
C’est sur cette bonne partie de rire que se termine cette journée de canyon . Nous reprenons voiture et camion en direction de notre gîte. Quelques kilomètres plus loin (plus d’1 heure de route), nous voici à la terrasse du PMU avec notre Pietra bien méritée. Après quelques autres…un repas réparateur, et une châtaigne avec nos amis corses (très chaleureux et conviviaux, finalement) nous regagnons nos chambrées, où pour une fois il n’y eu pas un bruit. Je ne dirais pas qui dormait dans ma chambre, pour ne pas gêner les autres ronfleurs.
 
Vendredi 11 juin
Dernier jour de canyon. Nous repartons vers Bavella, pour entreprendre la descente du Vacca. Vite garé, sac sur le dos , nous partons pour une descente de 40 mn vers le lit de la rivière. Ce canyon s’annonce différent des autres. Il est bien aquatique. Nous avons droit à de longs biefs , cascades et des sauts dans une eau magnifique. Geoffroy (qui doit prendre en cachette du gurosan) cherche tous les sauts possibles. Et il trouve enfin LE SAUT. A la réception d’un saut de 8 à 9 m, la vasque de réception est profonde et les parois abruptes. Il trouve un cheminement pour arriver au sommet de ces murs. Nous le trouvons bien petit là-haut. Sautera, sautera pas ? Il s’approche doucement du bord et calmement, sans cri, il se laisse avaler par le vide. Il tombe, un moulinet des bras, deux moulinets des bras, il se met en position pour prendre contact avec l’eau. Il disparaît sous l’eau. enfin il rejoint la surface et crie son bonheur. (Je lui laisse, cela m’a paru bien long) 20m , 24 m ?
Nous continuons dans cette eau délicieuse , Je ne sais plus si c’était avant ou après, mais il y avait une belle cascade drapée d’où nous avons sauté en groupe, un rappel bien glissant finissant dans une énorme vasque (où je n’aimerais pas me trouver avec beaucoup plus d’eau), encore quelques biefs et enfin le sentier de remontée (bien raide celui-là aussi). Encore une Magnifique journée , nous avions bien mérité quelques Pietra .
 
 
Fred -Alain - Christophe