AS'PYR

Encantats


Après des semaines de mauvais temps, il restait encore 9 volontaires pour participer à ce raid aranais : MAYLIS ,TI MAYLIS , NATHALIE, le toujours jeune ANDRE , FRED 1°, DOMINIQUE,GILLES, JEAN et l'invité surprise , YVES  ,président du CAF de LOURDES (eh oui , on a décidé de recruter dans le haut du panier désormais chez AS'PYR).
Départ d'ARTIES (ou presque) dans la neige pour rejoindre le refuge de RESTANCA, bourré de monde ...et dire qu'on pratique cette activité pour retrouver la solitude de la montagne en hiver.....


Mais nous ne boudons pas notre plaisir et dès franchi le col d'OELBACRESTADA, direction le TUC DE MONGES , puisque tout le monde se dirige vers le MONTARDO :l'esprit AS'PYR souffle déjà sur ce raid.
Pour faire bonne mesure , deux excités du groupe iront quand même trainer leurs spatules sur le sommet du MONTARDO  un peu plus tard dans la journée , seuls et heureux pendant que leurs petits camarades siestent au soleil , ce qui ne sera pas sans conséquence pour certains : DOMINIQUE en sera quitte pour une bonne insolation !!!
Le refuge JUAN VENTOSA Y CALVELL sera notre étape suivante pour 2 nuits , super agréable avec son poêle à granulés , son gardien hyper-efficace, fou furieux de télémark
et de bons conseils surtout lorsqu'on saisit bien toutes les subtilités de la langue : en effet , partis pour le BESIBERRI SUD  on arrive directement ....sur la crête du BESIBERRI NORD , bon , ça n'était pas très loin à vol d'oiseau ...mais à ski , ça ne passait pas vraiment bien sur l'arête !!!
Frustrés de ne pas avoir fait "claquer " un 3000 mts , certains membres du groupe envisagent le lendemain de partir à la PUNTA ALTA 3015 mts pendant que d'autres, plus sages dans leur progression, préfèrent opter pour le col de CONTRAIX et le PIC DE CONTRAIX 2958 mts.
Au final , l'équipe PUNTA ALTA , qui avait gardé LA corde, rejoindra, à point nommé, au sommet du pic de CONTRAIX le reste de la troupe non sans avoir ouvert un couloir "directissime"  en neige de 10mts..., tracé par un FRED des grands jours .
Longue redescente dans les pins à crochets, sans faire de petits bois de nos skis , et arrivée enfin vers 18h , juste à temps pour mettre les pieds sous la table du refuge d'ESTANY LONG , OUF,  ça , c'est fait....
C'est alors  que, fort à propos,  GILLES rappelle à l'ensemble des participants que c'est la journée de lendemain qui était prévue être la plus longue du séjour ....ah oui, mais là , ça faisait déjà une bonne journée quand même non ?
Du coup , les peaux se relâchent , les peaux des skis bien sûr , surtout celles de DEDE et d'YVES qui heureusement pas adepte des sacs ultra-light comme certains, avait amené le GRAND tube  de colle à peau en cas ...
Torturées toute la nuit par la perspective de la journée dantesque annoncée ,  NATHALIE et MAYLIS se réveillent au matin avec des visages décomposés , si bien qu'on faillit ne pas les reconnaitre....à moins que ça ne soit un problème d'allergie à la poussière , de toutes les façons , ça n'était pas beau à voir .. mais un p'tit coup de cortisone et il n'y parait (presque) plus.
Nous voila donc partis  pour cette longue journée vers le refuge d’AMITGES, en NE passant PAS par le col d'ESPOT , trop évident , mais par une brèche même pas nommée sur la carte (qui s'avère être la brèche de SUBENUIX)  ....superbe, sauvage et raide , voire très raide au goût de certaines avec un pique nique insolite dans une rimaye .
Le refuge d’AMITGES, critiqué pour son confort presque "excessif"(chauffé, douches chaudes, repas pantagruélique...) en pleine montagne, rallie finalement tous les suffrages car un peu de douceur dans ce milieu montagnard ne peut pas faire de mal surtout au 5° jour du raid.
D'autant que le refuge COLOMERS , destination du lendemain par le col de RATERA et le cirque de COLOMERS, ne répond pas exactement aux mêmes critères; pas chauffé si ce n'est pas un poêle à pétrole dans la salle commune qui a comme seul "bénéfice" de parfumer toute l'assistance d'un doux fumé d'hydrocarbure, des cadenas sur toutes les portes :refuge ou prison ? un accueil limite syndical :bref , on se hâte d'étudier la carte afin de ne pas y passer une deuxième nuit comme c'était prévu initialement .
En y regardant de plus près  , on se rend compte qu'on pourrait bien refaire une nuit à VENTOSA Y CALVELL , aussitôt vu aussitôt décidé à l'unanimité , et puisque LE CHEF est devenu "aveugle" suite à un bris de lunette dans le funeste refuge , FRED 1° est désigné chef de course pour la future journée ...ce qui ne sera pas sans conséquence sur le parcours, on l'imagine à l'avance .
Sitôt sorti du refuge , FRED  1° prend les choses en main ou plutôt en ski , amenant le groupe au pied d'une pente raide qui donne accès à un cirque suspendu sauvage , lui même conduisant à une brèche des plus esthétiques sur la carte ...LE CHEF  , diminué par son infirmité visuelle , décide de ne pas suivre , ralliant à lui les moins retords de la troupe .
Le restant, y compris DEDE toujours dans les bons coups, suit LE CHEFAILLON d'un jour vers cette brèche tant convoitée, le choix s'avère judicieux et à la hauteur des espérances : c'est superbe.

Cependant, nous perdons définitivement contact avec le reste du groupe que l'on retrouvera au refuge non sans avoir fait un détour , un peu long, vers la brèche de la CREU DE COLOMERS  puis son cirque suspendu , puis sa crête puisqu'on était à coté, puis arrêt 50mts sous le sommet car  ça "pèle" , qu'il se fait tard , et que DEDE n'a pas ses crampons , ouh ouh ( bon , en fait , ça nous arrangeait un peu aussi ....).
Dernière belle soirée dans notre nouveau QG-refuge de VENTOSA Y CALVELL, avant d'entamer un retour tranquille par le pic de MONTARDO et la descente de sa face NORD  ; tranquille , tranquille ...l'ayant personnellement aperçu en début de séjour , je n'aurai pas employé ce qualificatif.
Accueillis au col du MONTARDO par un vent à décorner les bœufs, il faut se rendre à l’évidence, la face NORD  ne sera pas possible ; oh non, ......quelle déception !!!
Tant pis , on fera la face NORD EST  vraiment cool, elle ...sauf qu'une légère erreur de parcours nous amène sur des barres rocheuses "qui puaient du c..." selon FRED 1° ,parti en éclaireur ...bon , ben on décide de sacrifier un des nôtres , GILLES se dévoue  pour jouer le rôle du " crash-test man", avec brio , il faut le souligner ...tout le monde arrive en bas entier , on ne déplore aucune perte si ce n'est un peu de sueur ...froide.
Ce magnifique raid se conclut par un bon repas à l'heure espagnole avec cervezas , chuletas y tinto.
Un grand merci à tous les participants pour leur bonne humeur et surtout à notre chef de course, GILLES, qui a tout organisé, même le beau temps, c'est dire s'il est très très fort !!!
Une pensée émue pour les skis presque neufs d'YVES  qui ont rendu l'âme après 20 ans de bons et loyaux services : ils  sont dans un tel état, qu'ils ne sont pas à vendre ni même à donner.

Jean