AS'PYR

Mini-raid Ariège-Andorre


Raid en pays ariégeois et andorran

Du 29/12 au 02/01
 
Participants : Alain et Fred.
 
C’est en milieu d’après midi ce lundi que nous arrivons enfin à L’Hospitalet prés l’Andorre, point de départ de notre aventure. Tels des escargots nous chargeons notre maison sur le dos (duvets, réchaud, bref de quoi assurer notre autonomie) et nous dirigeons tranquillement vers notre premier abris, la cabane de Brougnic.
Après un petit ressaut raide en neige dure nous arrivons dans un vallon assez ouvert et plutôt plat. La neige y est soufflée et peu abondante, ça sent la loose mais la tempête se lève et ne nous laisse pas le temps de nous poser la question. Nous nous précipitons donc vers la cabane pour nous mettre à l’abri. Hélas celle-ci est déjà occupée et les occupants ne semblent pas vraiment enclins à nous accueillir. Un peu agacés nous décidons de tenter notre chance dans une cabane située d’après la carte à moins d’un kilomètre de là. Le sort s’acharne sur nous, la cabane n’existe plus et c’est dans la tempête à la lueur de nos frontales que nous rebroussons chemin. Heureusement le couple de pingouins ou raquetteurs qui occupe la cabane, nous voyant revenir bredouilles, nous a finalement fait une petite place évitant ainsi une cohabitation douloureuse.
 

 
Le lendemain, il fait beau mais il nous faut garder la tête au fond de nos capuches pour affronter le vent toujours soutenu. Passé le premier col théâtre de notre déroute de la veille, l’itinéraire se complique oscillant de combe en combe jusqu’à atteindre le déversoir d’un lac. A partir de là, le relief plutôt plat jusqu’alors se redresse nettement voire franchement au passage de la brèche aperçue vaguement dans les crêtes ennuagées. La montée est rude de même que la descente, raide dans un quasi jour blanc, dans une neige croûtée et avec les gros sacs. La suite est tout aussi pimentée pour rejoindre le fond de la vallée où au final nous apercevons le refuge de Rhule, notre prochain gîte, du mauvais côté. Nous nous réfugions dans une cabane de berger pour nous protéger du vent et enfin manger un peu. Nous faisons un premier bilan, bien que le refuge soit à portée de main, nous nous sommes trompés de brèche, il fait froid, la neige est pourrie. Si ça continue comme ça…
 
Après une remontée de 300m jusqu’au refuge de Rhule et une nuit presque confortable, nous chaussons les skis direction l’Andorre. L’itinéraire logique par le col de Juclar est défendu par un imposant placage de glace, peu engageant. Nous décidons de passer par une vallée parallèle large et plate, toujours en compagnie du vent continuant son travail de sape. Seule consolation il fait beau, ce qui n’est pas le cas en Andorre ou quand nous basculons dans le val d’Incles nous sommes accueillis par les nuages, mais enfin le vent cesse et nous nous réchauffons de minute en minute. La chance nous sourit un peu plus tard quand le soleil fait son apparition lors de notre montée au refuge de Siscaro. Il est encore relativement tôt quand nous y arrivons et nous ne tergiversons pas longtemps pour rendre visite à la combe au-dessus de la cabane qui nous a tant nargué durant la montée. Enfin le plaisir du ski est de retour, beau cadeau pour le réveillon de la Saint Sylvestre où nous nous offrons le luxe de la double ration de saucisson devant un feu de cheminée réconfortant. Le réveillon aurait pût être parfait quand soudain deux espagnols font irruption dans la cabane mais la chance reste avec nous, nos voisins sont discrets et comme nous se couchent tôt pour profiter du lendemain.
 
C’est donc en compagnie de nos amis espagnols que nous nous élançons au petit matin vers le pic de la Cabaneta. A mi-parcours nous marquons une pause et enfouissons dans la neige le maximum de lest, nos amis espagnols continuant la trace. Le sommet à 2800m en forme de large dôme offre un panorama inhabituel pour nous, « pyrénéistes occidentaux », à l’Ouest la haute Ariège, à l’Est les Pyrénées Orientales, au sud l’Andorre vallonnée et envahie de pistes de skis (à mon avis sans grand intérêt)… Que du bonheur ensuite dans cette descente d’abord sur neige soufflée mais pas trop dure puis presque poudreuse. Nous nous arrêtons pour reprendre nos charges et disons au revoir à nos amis espagnols car nos chemins se séparent. Pour nous il est temps de mettre le cap sur le refuge de la Portella pour lequel il nous faut encore franchir un col raide. De là l’accès au sommet voisin est assez facile, nous ne résistons pas à le gravir d’autant plus que la descente est délicieuse en versant sud.
 
La cabane de Portella comme celle de Siscaro est en excellent état et accueillante, aussi nous profitons au maximum de cette dernière nuit, loin du tumulte des stations de skis et de la consommation frénétique. Le retour à l’Hospitalet consiste à se laisser glisser le long du ruisseau sur le versant opposé à la route du Pas de la case. Malheureusement nous butons sur un barrage hydroélectrique prés de la route. Nous décidons d’un commun accord de passer le barrage pour terminer les deux derniers kilomètres en stop. La tactique diverge entre les protagonistes, je choisis de traverser directement sur le barrage obligeant à escalader la vanne, Alain décide d’une traversée plus en amont avec la technique de l’enjambement. Mais les jambes trop courtes ou le ruisseau trop large (comme on veut) Alain laisse échapper son bâton dans l’eau lors de sa tentative. Heureusement après avoir tous deux escaladé la vanne (2 m de 8c+ minimum…) nous récupérons le bâton gentiment bloqué à l’entrée de la vanne. Mais nos malheurs ne sont pas terminés. Un quart d’heure d’autostop selon la technique de l’autostoppeur fixe s’avère infructueux, sans doute les voitures sont trop pleines de ce précieux liquide jaune, ou bien notre odeur de quatre jours est trop forte. Dans un élan de courage Alain change de tactique et tente l’autostop mobile, quitte à attendre autant marcher. Et c’est quelques minutes plus tard que nous levons le camp, il était temps, le temps est maussade et il commence à neiger.