AS'PYR

Mont-Blanc à Skis

 

«  Eh, les gars, si on faisait le mont blanc à ski en mai ,,, » (gilles HADAN)

« PAREIL,,, » répondent 6 compères.

Au final, c'est dés potron-minet, ce matin du 8 mai que se retrouvent GILLES(THE CHIEF) ALAIN, PATRICK (dit L'BURU ),, JULIEN, FRED, JEAN, et surtout JEAN-CLAUDE un peu guide, avec sa bonne humeur, sa faconde béarnaise, sa caisse de vin et toute sa collection de CD de NADAU,,,,

Après quelques virages, le début de notre préparation diététique sophistiquée (pour ceux que ça intéresse à base de foie gras, pâté, saucisson, TOKAI et MEDOC ) et 11 heures de route, on arrive « aux 2 glaçons «  le camping situé juste sous le sérac du glacier du MONT BLANC qui nous domine seulement de 3800 mts.

Vendredi matin, 8h toute l'équipe en grande tenue de skieur-alpiniste arrive pour prendre la première benne de l'aiguille du midi ,,,,on s'est déjà fait griller par une foule cosmopolite de candidats au sommet, ça parle toutes les langues : l'aventure commence.

Arrivés à la gare intermédiaire à 2500 mts, tout le monde descend, et c'est parti pour la traversée sous l'aiguille du midi puis le passage de la jonction avec séracs et crevasses heureusement bien comblées ,,,mais quand même ; moment d'ambiance pour ceux qui découvraient ce milieu.

800 petits mts de dénivelée et apparition, au sommet d'un piton rocheux du REFUGE DES GRANDS MULETS tel un fier et fragile bastion se défendant face aux terribles séracs qui le cernent de toutes parts afin d'assurer repos et sécurité au brave montagnard égaré sur ce territoire interdit ,,, bon, fin de la séquence romantico-épique parce qu'il faut y monter à ce foutu refuge par une escalade à la con ,,,et surtout en redescendre à la frontale, à 2 heures du matin, la tête dans le pâté,,,

A voir absolument, et même si vous n'y allez pas par curiosité, vous y passerez par nécessité ; les water-closet du lieu : l'utilisateur est plongé dans des abimes de perplexité lorsqu'il constate que sa bouse ou son bronze, selon l'état digestif du moment, s'écrase 60 mts plus bas sur le sérac, le dit sérac craquant régulièrement pouvant couvrir opportunément quelques bruits incongrus de votre tuyauterie, pourvu que vous soyez en phase avec lui !!!

Dès notre arrivée au refuge nous entamons notre préparation physique programmée, c.-à-d. une sieste de 2 heures, puis briefing avec la météo du soir et, là : PROBLEMEalors que le sommet était prévu pour le surlendemain après une acclimatation sur le dôme du gouter par l 'arête NORD , il faut envisager, suite à une dégradation prévue le dimanche, le sommet le samedi ,,,le doute s'immisce dans les esprits et c'est là que notre préparateur mental intervient, PATRICK dit L'BURU nous regarde entre 4 yeux, bon en fait entre 14 yeux, mais il peut le faire, il est très fort L'BURU, et nous dit :

« Moi, j'le sens demain, ce sommet »

Fort de cette séance de motivation mentale collective poussée, nous partons tous nous coucher pour une courte nuit.

1 heure 15, tout le monde debout, l'air hagard et l'œil vitreux ; on découvrira durant ce séjour que cet état perdure chez certains (JULIEN ) et traduit finalement une formidable capacité d'adaptation : JULIEN est le seul capable de fonctionner en mode « veille-économie » permanent jusqu'à qu'une pente de neige se rapprochant de 40 ° ne déclenche chez lui un allumage brutal et nous laisse tous sur place.

Passons sur la descente du refuge qui met finalement dans l'ambiance de la journée, et début de la procession des « vers luisants «  s 'égrenant le long de la montée petit puis grand plateau sous la menace des séracs suspendus et des crevasses béantes ( c'est pour faire ambiance !!!).

6 heures du matin, le jour se lève et là, c'est vraiment magique, couleurs fantastiques, ciel clair ; sensation de plénitude pour tout le monde.

7h 30 les sept nains sont arrivés au refuge VALLOT 4300 mts, pas explosés, presque sereins.

On le sent tous maintenant ce sommet (il est vraiment très fort L'BURU et sa préparation mentale ) PLUS QUE 500 mts de dénivelée, bon d'accord faut passer l 'arête des bosses !!!!

Là, choix cornélien, on monte les skis au sommet ?

Motivation des uns : descendre la face nord qui n'est que rarement en condition, pour les autres : éviter la redescente par l'arête des bosses.

Allez BANZAI, on monte tous les skis et INCH'ALLAH ,,,,

Bon, alors l'arête des bosses, c'est comme les montagnes russes, mais toujours en montée et la crémaillère est toujours en panne.

Attraction supplémentaire cette année, un magnifique passage aérien d'une centaine de mètres, de 40 cm de large, d'où vous bénéficiez d'une formidable vue plongeante sur l'ITALIE à votre droite et la FRANCE à votre gauche,,,et malgré tout ça, y'en a qui se plaignent d'être là ,,,

Certains, touchés par la beauté du lieu souhaitent, dans un moment de béatitude, y rester à jamais : «  laisse moi crever là ,,,tu me prends au retour «  mais JEAN-CLAUDE se ressaisit rapidement et poursuit son ascension ,,,bon en même temps, il n'a pas bien le choix vu qu'il est « vaché » sur GILLES.

Arrivé au sommet, c'est lui qui résume le mieux le sentiment collectif en s'asseyant dans la neige et nous déclare «  et BEROYE, je suis vachement ému ,,, « no comment ».

Une fois tous les sept réunis, séance photo pour commémorer l'évènement et on se prépare à la descente sans s'éterniser au sommet car il fait un petit – 8 ° assorti d'un petit vent à 30-40 kms/ heure ce qui nous permet de bénéficier en température ressentie d'un gentil -25° ,,,qui ne laisse personne de glace ( quel humour ce rédacteur quand même ).

Descente sur neige béton, tiens, JULIEN vient de se mettre en mode « veille- active », il est déjà en bas, ça nous arrange bien puisqu'il ouvre la descente qui reste quand même impressionnante et soutenue où toute « boite » ou « portière » est tout à fait déconseillée.

Retour triomphal au refuge où la foule nous acclame à notre arrivée, depuis la terrasse en nous jetant des pétales de rose cueillies du matin (partie du récit légèrement romancée ).

Après une 2° courte nuit de 12 heures, retour à la civilisation, dans la benne « retour » création « spontanée » par les touristes un « espace de confinement sanitaire «  probablement moins dû au respect que nous inspirons désormais en temps que « summiters » qu'à peut-être un léger parfum d'altitude assez persistant provenant surtout des chaussures !

11 heures de route retour et fin d'une magnifique virée entre potes, tous les 7 au sommet, descente de la face NORD à ski.

Merci à GILLES pour nous avoir proposé ce défi, merci à ALAIN, FRED, JULIEN, L'BURU et mention toute spéciale à notre « un peu guide » préféré JEAN-CLAUDE qui met « le feu » partout et en toute circonstance.

JEAN

 PS : le cuistot de l’auberge de Chamonix est nul en tartiflette au reblochon.

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